Les vraoums le concert

le sexe

J’aime les Vraoums.

Parce qu’elles sont composites, individuelles et associatives.
Oui, nous nous connaissions déjà mais nous avons créé les Vraoums sur une parole en l’air, par hasard. Car chez les Vraoums, l’action précède la pensée. Et c’est aussi comme cela que nous travaillons :  librement nous proposons et nos propositions s’intègrent de fait, nos propositions individuelles forment la chanson finale.
Nous sommes un collage.
Et j’aime les Vraoums.

J’aime les Vraoums dont je fais partie. Car les Vraoums c’est plus que nous toutes réunies. C’est une œuvre… La somme de nos individualités fait le groupe.
Je ne pensais pas qu’on puisse faire partie d’un groupe sans céder une part de soi-même.
Avec les Vraoums, je m’initie à la politique.
Je découvre la joie du collectif, le partage des responsabilités.
Et la chanson militante.
Bon.

Tu sais les Vraoums, ce sont des filles, enfin des femmes, et ça se voit. Ça n’est pas un choix de le montrer c’est comme ça, ça se voit. Je ne pense pas que nous le revendiquions, mais nous le savons.
Alors féministes ou pas féministes les Vraoums ? Si ça ne tenait qu’à moi, je dirais oui.
Moi, je dirais que nous sommes féministes sans le faire exprès. Pas sans le savoir, mais sans faire exprès.
Notre seule présence, les paroles de nos chansons dans nos bouches questionnent la place de la femme et de l’individu.

Moi, derrière le loup, je fais ce que je veux, je veux
Derrière le loup, je fais ce que je veux, je veux
Je n’ai pas peur du loup, parce que je fais ce que je veux, derrière

Et devant ?
Je fais ce qu’il me plaît, me plaît

Depuis leurs débuts en 2006, les Vraoums se sont créées sur scène, par tentatives répétées, par essais et améliorations successifs, par creusements et précisions, de représentation en représentation.
Elles sont aussi parties en résidence, aux États-Unis, au bout de Long Island, New-York, dans le Watermill Center de Robert Wilson ; mais aussi dans le fin fond des ateliers marseillais de Cap 15 ; et encore dans la fraîche et pourtant si chaleureuse Suède.

De toutes leurs expériences, sont nées des chansons.
Des chansons qui n’ont pas froid aux yeux, des chansons pittoresques à texte pauvre, des chansons d’amour politique, des comédies musicales en rimes riches, des chansons d’amour et de mort avec solos d’harmonicas au coin du feu de camp, des chansons abstraites, où une mise-en-scène bizarre se télescope avec un texte obscur, des chansons pour faire danser, des chansons américaines parlant de femmes françaises (grâce au best-seller de Mireille Giuliano “Why French Women Don’t Get Fat”), des danses folkloriques nourries de chansons d’indien fantasmées, des scénarios hurlants de films d’horreur en ombres chinoises, des chansons tentant d’être émouvantes mais qui échouent habituellement, des histoires, rêvées ou réelles.

Un western, elle a dit
Elle avait une vision très claire de l’harmonica et du désert
Moi qui ai toujours aimé le grand air
J’ai accepté et c’est ballot
Je me suis fait pendre pour avoir volé des chevaux
Alors que je pensais plutôt à un voyage en bateau

Le Mississipi, c’est fini
Et les cajuns, y’zont qu’à geindre
Je ne crois plus aux épopées
Les valeurs viriles c’est du passé

Illustrations © Pauline Curnier Jardin