Les vraoums hhhh

animalité

Bienvenue dans le monde de HHHH.

Vous allez entrer dans l’univers de HHHH, un univers fantastique et fictionnel qui n’existe que par les conversations qui y sont menées. Ce sont elles qui construisent et font vivre les lieux.
Pour intégrer cet univers et participer à ces conversations, vous endosserez les identités de personnages préexistants.
Chacun d’eux possède un accessoire qui appuiera sa représentation, accompagnera son jeu.
Choisissez un avatar, revêtez l’accessoire, vous êtes prêts à vous fondre dans le récit collectif.

Nous, nous incarnons la Hase à double matrice, créant en continu, couplant les  grossesses, alignant les portées, solitaire, aigüe, légére, ses longues pattes postérieures musclées repoussant avec vigueur le sol en bonds rapides.
Nous sommes la Horde, errantes, temporaires, instables, indisciplinées, prêtes au carnage et à la dévastation.
Comme l’Hydre, nous avons sept têtes de reptile ophidien, têtes renaissantes à peine sont-elles fauchées. Nous sommes quatre émanations féminines sur un tronc commun, notre queue se termine par un dard serpentin.
Sur nos têtes, la Hure comme une crinière de sanglier, comme une coiffe d’indien huron, se hérisse et se désordonne.

Nous avons dessiné les plans, nous nous soumettons des constellations.
Nous dansons les rituels, à quatre culs.
Nous nous déplaçons, nous dormons, nous paradons, nous chassons, nous avons les yeux ouverts.

Toi, tu es Vadim.
Toi, tu es la muse.

Vadim l’animal et la muse se rencontrent. La muse et Vadim sont dans le jardin à côté de la salle de bal, l’air est frais, ils ont bien mangé, ni l’un ni l’autre n’ont faim. Vadim a une question à poser à la muse.

- Salut, je… je m’appelle Vadim et toi ? En fait je suis venu te voir aujourd’hui parce que je n’arrive pas trop à savoir si je suis un ours ou un lion et j’ai pensé que peut-être tu pourrais m’aider.
– J’peux pas t’aider, j’peux pas t’aider parce que si tu regardes bien, si tu me regardes bien… regarde-moi, regarde-moi un coup, est-ce que tu crois vraiment que je peux t’aider, alors si tu crois que je peux t’aider, ça serait bien que tu me dises pourquoi, en quoi et comment tu as eu cette idée.
– Bah en fait, je me suis dit que peut-être tu pourrais m’aider parce que toi tu me vois, et moi je me vois pas.
– Parce que tu crois que moi je me vois.
– Non mais peut-être tu n’as pas besoin de savoir qui tu es pour savoir qui je suis ?
– Attends tu hésites entre ours et lion ?
– Ouais je crois, après je suis pas sûr de savoir ce qu’est vraiment un ours ou un lion.
– Est-ce que tu suces les racines des plantes ?
– Dans ma cage, il n’y a que des plantes en fer forgé et elles n’ont pas de racines.
– Est-ce que tu suces le fer forgé ?
– En tout cas je salive sur le fer, oui.
– Tu salives sur le fer, et quand tu salives sur le fer, ça coule, mais ça coule en goutte, ça coule en goutte sirupeuse ou ça coule en goutte aqueuse ?
– En tout cas quand ça goutte ça goutte comme du sang. j’ai le droit parfois à du sang mais pas très souvent, parfois le gardien m’en amène.
– Ahh, le gardien parfois t’emmène du sang… Sous quelle forme ?
– Et bien là comme ça dans une écuelle, une écuelle assez vaste en métal, elle est blanche avec un rebord bleu et au fond il y a un dessin. Souvent le gardien pose l’écuelle de manière pas tres délicate, il y a déjà toute une partie qui se répand sur le sol et moi, souvent, je sens que ça monte quand le sang arrive et je renverse le reste en général et là je me roule dedans, dans le sang et dans l’écuelle, les deux en même temps, et comme ça, ça fait aussi un bruit, l’écuelle sur le sol quand je me roule dedans, c’est tout un ensemble, c’est un ensemble de sensation que j’aime bien vivre d’un seul bloc.
– Tu tapes dans l’écuelle, tu te roules dans le sang. (tape un rythme)
– Oui je roule, je grogne, raou raou, là il y a des souris qui passent et qui crient. (tape un rythme) Est-ce que je peux me rouler sur toi un peu ?
– Écoute, moi j’ai envie que tu te roules sur moi, c’est clair, depuis tout à l’heure, tu préfères qu’on fasse ça sur ton banc ou dans ma cage ? Tu peux aussi monter sur moi si tu veux, je vais te jeter un petit peu de terre dessus pour que ce soit plus, plus croustillant et peut-être on peut faire comme un fleuve ensemble de l’entrée de la cage vers le coin le plus éloigné, comme ça.
– Voilà, et après on terminerait dans les herbes hautes et humides, ça peut être bien, il y a pas mal de gâteau par là et j’aime bien me rouler dans les gâteaux.
– Et on se mettrait des bandelette sur la peau et on jouerait au…
– J’ai pas mal de coquillages, j’ai fait une collection, on pourrait s’en mettre sur les paupières et sur les mains.
– Et faire les hommes invisibles avec les coquillages.
– Et comme ça on peut faire un peu de bruit avec les coquillages.
– Oui, un dance-hall.
– Si on est assez puissant et puissante on peut réussir à faire de la musique jusque dans la salle de bal.
– Et ce soir on pourrait aller au bal et on dirait concours de danse : Vadim et la muse et peu importe tu serais une chauve-souris…
– J’ai qu’à être tout.
– Oui t’as qu’à être tout.
– Et tu peux être tout aussi.
– Tout en marbre, coquillages et bandelettes.

Photographies © Les Vraoums
Illustrations © Virginie Thomas